Ecole Française de Spéléologie

Manuel Technique - Moniteur

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3.9. L'ORGANISATION DES LONGUES EXPLORATIONS

Une exploration est considérée longue quand sa durée contraint à modifier ses habitudes pour les phases d'activité et de sommeil.

3.9.1. La cohérence de la préparation

Plusieurs paramètres doivent être intégrés.

La préparation doit être méticuleuse. S'appuyer au besoin sur une liste pour contrôler que rien ne sera oublié, notamment le truc gros comme une maison dont personne ne se soucie tellement c'est évident.

Une préparation physique qui se limite au moins à un sommeil et une alimentation suffisants avant la sortie.

Partir avec une grosse "crève", contagieuse si possible, est un moyen efficace de faire capoter une grosse exploration.

 La météorologie doit être connue à moyen terme, c'est-à-dire pour la durée de l'exploration envisagée et même un peu plus, en cas de retard sur les horaires prévus.

L'homogénéité de niveau des membres de l'équipe est synonyme d'efficacité.

Le matériel de subsistance est géré en conséquence :

  • Carbure compté largement : 200 grammes par personne et par tranche de 6 heures d'exploration.
  • Nourriture en quantité suffisante, appétissante, et diététique (c'est-à-dire apte à compenser l'énergie consommée).
  • Eau pour la boisson et l'éclairage, avec la prévision des moyens de ravitaillement et de purification (cachets d'hydroclonazone ou micropur).
  • Moyens de consommer des repas chauds (réchaud et son carburant).
  • Eventuellement, vêtements de rechange secs.
  • Eventuellement, un baromètre-altimètre fiable, compensé en température, pour prévenir des risques de crues.
  • Pharmacie.

3.9.2. La gestion des équipes multiples

Succession des équipes : prévoir le lieu de croisement (ailleurs que dans les puits), faire plusieurs petites équipes aux départs échelonnés.

Gestion des objectifs et circulation des informations : matériel à prévoir pour la suite, zones déjà explorées à ne pas refaire deux fois, point d'arrêt topo à matérialiser ...

Dans certains cas particuliers, l'installation d'un téléphone est envisageable, et apporte un élément supplémentaire de sécurité.

Gestion du temps : il faut s'organiser pour parvenir sur le lieu de la poursuite de l'exploration à une heure où on est physiquement et psychologiquement disponible pour ce type d'activité : la première, entamée entre minuit et 6 heures du matin sera probablement moins enthousiaste et moins dynamique qu'aux heures normales d'éveil et donc peu fructueuse.

Pour des organisations complexes, il faut réaliser un planning horaire précis (comme en gestion d'opération de secours) et s'y conformer.

3.9.3. Bivouac ou pas ?

La solution du bivouac s'impose quand la poursuite de l'exploration de la cavité n'est plus possible par une succession de longues explorations :

  • Equipe aux effectifs trop faibles.
  • Objectif trop loin de l'entrée pour être efficace une fois sur place.
  • Volume et poids de matériel d'exploration et de subsistance trop important par rapport aux capacités de transport de l'équipe.

Avant de se résoudre au bivouac, il faut bien prendre conscience de ce que cela exige en temps et énergie pour l'installation, et le coût d'une telle infrastructure (cf chapitre 10).

 D'un autre côté, si des sorties sans sommeil de 20 à 30 heures peuvent s'envisager lors de pointes ponctuelles, il ne faut pas sous-estimer les risques d'accident liés à la fatigue et considérer qu'une telle stratégie d'exploration est difficilement gérable lors d'un camp.

En effet, les horaires sont moins prévisibles et l'efficacité sous terre est bien moindre.

Enfin, on ne récupère pas aussi bien après une exploration de 30 heures qu'après une sortie de 60 heures avec deux nuits de bivouac. Cette usure physique peut diminuer la motivation en fin de camp.

 

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