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3.8.
LES TECHNIQUES DE RECHAPPE
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3.8.1.
Décrochages du bas vers le bas
3.8.1.1. En force
La technique existe depuis longtemps,
mais l'emploi du bloqueur de pied permet de la rendre plus efficace.
- Monter jusqu'au blessé,
en libérant ses pieds de la pédale.
- Se longer très court
à son MAVC (longe courte raccourcie de moitié)
- Passer son bloqueur de poignée
puis son bloqueur ventral au-dessus du bloqueur ventral du blessé,
retirer la poignée du blessé et mettre sa petite
longe raccourcie en tension. Le bloqueur de pied doit se trouver
bien en dessous du bloqueur ventral du blessé.
- Soulever le blessé en
ouvrant son bloqueur ventral et en dégager la corde.
La présence du bloqueur de pied facilite l'appui et l'ouverture
du bloqueur ventral du blessé.
- Refermer le bloqueur ventral
du blessé, installer son descendeur sur son propre MAVC
et effectuer une conversion bloqueurs-descendeur.
- Il faut à nouveau soulever
son poids plus celui du blessé pour pouvoir ouvrir son
propre bloqueur ventral.
Avantage de la technique:
- Simple et rapide avec un blessé
de petit gabarit.
Inconvénients:
- Irréalisable avec de beaucoup
plus forts gabarits que soi, avec de la fatigue, aux fractionnements
sous des surplombs, ...
- Le blessé est sous soi,
il arrive en premier au sol.
3.8.1.2. Croll à
Croll
- Monter jusqu'au blessé
et se longer dans son delta.
- Retirer ses propres poignée
et pédale (pas son bloqueur ventral).
- Prendre appui sur la pédale
du blessé et mettre en butée son bloqueur ventral
contre le bloqueur ventral du blessé.
- Retirer la grande longe de la
poignée du blessé.
- Installer le descendeur face
à soi sur le MAVC du blessé, la corde sort donc
de son propre bloqueur ventral. Rattraper le mou, faire demi-clé
et clé.
- Se positionner entre
les jambes du blessé, ses propres cuisses
en appui sous les fesses du blessé. Saisir
de la main droite le torse du blessé au-dessus
du Croll et préparer sa main gauche à
ouvrir le bloqueur ventral du blessé.
- Basculer en arrière
sans ouvrir l'angle entre son buste et ses cuisses.
Celles-ci font levier pour soulager le poids du
blessé. Pendant le geste de bascule, ouvrir
le bloqueur ventral du blessé.
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- Freiner le transfert du blessé
sur le descendeur.
- Prendre appui sur la pédale
du blessé, ouvrir son propre bloqueur ventral et se relonger
très court (deux mousquetons) sur le MAVC du blessé.
- Défaire la clé
et entamer la descente.
Avantages :
- Rapidité, simplicité.
Inconvénients:
- Nécessite une parfaite maitrise
technique.
3.8.1.4. Avec corde
d'intervention et couteau
En encadrement, la corde d'intervention
égale à la hauteur du plus grand puits est indispensable.
On l'a donc à disposition pour le dégagement. En exploration,
il faut avoir sous la main, immédiatement disponible une
corde d'une longueur suffisante pour réaliser ce type de
dégagement.
Cela peut être simplement la
corde sur laquelle se trouve le blessé dont on utilisera
la partie située sous celui-ci.
Il faut également un couteau
pour sectionner rapidement la corde du blessé.
- Accrocher l'extrémité
de la corde d'intervention à sa ceinture et rejoindre
le blessé.
- Le doubler mais en se longeant
court à son MAVC au passage. Monter jusqu'à mettre
en tension cette longe.
- Relier la corde d'intervention
à la poignée du blessé. La poignée
devient l’amarrage.
- Oter la grande longe du blessé,
puis installer le descendeur du sauveteur sur la corde d'intervention
en éliminant le mou. Demi-clé + clé.
- Le sauveteur se met sur son
descendeur en otant ses bloqueurs de la corde du blessé.
- Couper la corde au dessus du
croll du blessé.
- Le blessé se retrouve
pendu sur la longe courte du sauveteur. Le redescendre.
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Si on a utilisé
la corde du blessé par l’autre extrémité
penser à la dégager du croll du blessé
et à faire un noeud en bout.
Variante de la méthode
: il est possible de mettre le descendeur sur le MAVC
du blessé et de se longer très court à
celui-ci avant de couper la corde.
On peut aussi sectionner
la corde au moyen d'une cordelette de 4 ou 5 mm de diamètre,
de 60 cm de longueur environ, que l'on fait frotter
vigoureusement (mouvement alternatif) sur la corde,
là où elle sort du bloqueur. En appuyant
la cordelette sur celui-ci, on localise le point de
fusion.
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L'appui des pieds contre la corde
augmente la tension que l'on peut appliquer à la cordelette
et stabilise sauveteur et blessé pendant la manoeuvre.
Une corde de 9 mouillée peut
ainsi être coupée en moins de 10 secondes.
3.8.1.5. Sous cascade
Il est déjà très
dangereux de monter sous cascade, aussi, envisager un décrochement
d'équipier dans ces conditions débouchera probablement
sur un double accident.
C'est avant de tenter la montée
qu'il faut se dire qu'en cas de difficulté, on ne sera pas
secouru et par conséquent privilégier la prudence.
Malgré tout, si la situation
est telle que le sauveteur n'encourt pas à son tour le risque
de rester bloqué sur la corde, il faut recourir à
une méthode rapide et fiable, donc plutôt celle qui
consiste à couper la corde d'équipement et redescendre
sur une corde d'intervention.
3.8.1.6. Passage
de fractionnement après un décrochement
Il faut utiliser le descendeur du
blessé dont on dispose logiquement pour transférer
le poids d'un tronçon de corde au suivant.
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- Descendre jusqu'à
hauteur du fractionnement et faire une clé
d'arrêt. Ne pas se longer dans le fractionnement
!
- Installer le deuxième
descendeur sur le tronçon suivant et y réaliser
une clé d'arrêt. Mousquetonner ce descendeur
sur le MAVC à côté du premier.
- Défaire la
clé du premier descendeur et descendre jusqu'à
être en tension sur le deuxième. Retirer
le premier descendeur.
- Défaire la
clé du deuxième descendeur et poursuivre
la descente.
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3.8.2.
Dégagement sur main-courante
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Si les amarrages intermédiaires
de la main-courante sont assez rapprochés et
qu'elle est suffisamment tendue, il est assez aisé
de faire passer le blessé d'un tronçon
de corde au suivant, en réalisant, par exemple,
un petit balancier successivement sur chaque amarrage
intermédiaire, on soulage la tension sur ses
longes et on peut ainsi les transférer.
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Les difficultés apparaissent
si les tronçons sont longs. Au début de la translation,
tout va bien, le poids du blessé le déporte vers l'amarrage
intermédiaire suivant. Mais une fois au point bas (flèche
maximum), il faut parvenir à l'en rapprocher davantage sans
qu'il redescende vers ce point bas. Le sauveteur est soumis lui-aussi
à la même "contrariété". Les
bloqueurs permettent de ne pas perdre le terrain gagné:
- Rejoindre le blessé.
Le sauveteur doit se trouver "côté sortie"
pour pouvoir tracter le blessé.
- Installer la poignée
du blessé sur la main-courante, reliée à
sa grande longe qui prend aussi la corde de main-courante (montage
classique pour que la poignée travaille dans l'axe de
la corde).
- Faire de même en amont
avec sa propre poignée et grande longe. Les poignées
sont, bien sûr, installées dans le sens de translation
désiré.
- Accrocher une pédale
à l'orifice double supérieur de la poignée
du blessé, au moyen d'un mousqueton.
- Installer le renvoi du balancier
en passant cette pédale dans le mousqueton de sa propre
grande longe.
- Prendre appui sur la pédale.
La poignée du blessé rejoint celle du sauveteur.
- Oter son poids de la pédale,
déplacer sa poignée. Prendre à nouveau
appui sur la pédale pour provoquer une nouvelle translation
du blessé.
Si la cavité ne comporte que
des vires et pas de verticales (les équipiers n'ont pas de
bloqueurs sur eux) le cadre emploiera le bloqueur de son poulie-bloqueur
ou en prévoira un supplémentaire pour l'éventualité
d'un dégagement sur main-courante.
3.8.3.
La descente sur corde tendue
Cette méthode permet soit
d'atteindre un blessé, soit de descendre sur une corde tendue
accidentellement.
Les méthodes les plus fiables
pour rejoindre un blessé en-dessous de soi sont l'utilisation
de la corde d'intervention ou la descente aux bloqueurs (voir manuel
initiateur, chap.
3.2.11.5).
Il existe d'autres méthodes
qui présentent l'inconvénient d'être assez complexes.
Or, ce type d'intervention nécessite de maîtriser totalement
la technique pour ne pas se trouver en grand danger.
De plus ces techniques, dont la fiabilité
est loin d’être parfaite, relèvent plus du bricolage
que d’autre chose. Elles ont fait l’objet de recherches et de publications
dans divers documents, mais impliquent systématiquement une
auto-assurance lors de leur mise en oeuvre.
Ce ne sont donc que des techniques
d’exception, à n’utiliser qu’en tant que telles.
3.8.3.1. Avec descendeur
simple
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Le montage avec un descendeur
simple nécessite un mousqueton supplémentaire
pour coincer suffisamment la corde entre les deux poulies,
dans le cas où la poulie du bas usée a
été retournée.
Sans intervention, on
est immobile sur la corde. Il faut faire basculer le
descendeur pour entamer la descente.
Si le blessé supprime
la tension, le poids du sauveteur se transfère
sur l'autre longe. On peut donc poursuivre la descente
en tenant la corde en aval du mousqueton inférieur.
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Signalons cependant que la technique
est un peu compliquée à mettre en oeuvre et qu'elle
ne semble pas offrir toutes les garanties de sécurité
qu'ont les autres techniques de descente sur corde tendue présentées
Il faut donc la maîtriser totalement
si on veut l'utiliser sans risque. Une erreur de manipulation pourrait
avoir les conséquences qu'on imagine. Il est donc indispensable
d'y adjoindre une auto-assurance.
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3.8.3.2.
Avec descendeur autobloquant
Avec un descendeur autobloquant,
le montage est le même, sauf que le mousqueton
entre les deux poulies devient inutile.
3.8.4.
La réchappe à la descente
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3.8.4.1. La descente
avec maillon et mousqueton
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C'est l'équivalent
d'un descendeur à barrette où le maillon
rapide remplacerait la barrette. Il remplace aussi avantageusement
le piton en V qui était parfois employé.
Faire attention à
ne pas positionner la virole du maillon rapide côté
frottement de la corde, bien sûr.
En retournant l'ensemble
mousqueton-maillon rapide, on obtient un système
autobloquant de réchappe très fiable et
très efficace (voir 3.8.5.4)
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3.8.4.2. Le noeud
italien
On peut rappeler pour mémoire
son utilisation en tant que descendeur, (cf manuel initiateur chapitre
2.11.6)
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3.8.5.
La réchappe à la montée
3.8.5.1.
Le noeud Machard
Utiliser une cordelette
de diamètre 6 mm environ, ou une corde de 9 mm
dont on a retiré plusieurs brins d'âme
pour l'assouplir. Chaque extrémité est
terminée par une ganse.
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3.8.5.2.
Le noeud de tresse
Le coulissement est plus
facile qu'avec un noeud Machard.
3.8.5.3.
Le noeud Rémy
Il est facile à
réaliser à partir d'un noeud italien retourné.
Il est fiable mais le rattrapage du mou lors d’une réchappe
de bloqueur Ventral est rapidement très pénible.
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3.8.5.4.
La montée avec maillon et mousqueton
C'est le même montage
que pour la descente (3.8.4.1) mais en retournant l'ensemble
mousqueton-maillon rapide avant de le relier au MAVC.
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