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Ecole Française de Spéléologie Manuel Technique - Moniteur |
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[ chapitre 3.8. ] |
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3.7. LA CRUE |
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3.7.1. Les signes annonciateurs 3.7.1.1. Avant l'exploration Les situations à risques seront estimées grâce aux prévisions, et à l'évolution météorologique en fonction du massif, de son hydrologie. Est-il est actuellement gorgé d'eau ou non, y -a -t-il présence de neige avec risque de redoux ? 3.7.1.2. Sous terre L'arrivée d'une crue se traduit par plusieurs phénomènes :
Dans tous les cas, le laps de temps entre les signes annonciateurs et l'arrivée de la crue est très bref.... 3.7.2. Les dangers Se faire prendre par la masse d'eau et être emporté vers une zone dangereuse . Etre coincé par un ou plusieurs siphons temporaires. Prendre sur la tête ou le corps les divers matériaux véhiculés par la crue (durant la crue, l'eau arrache les cailloux sur les berges et sur le fond ). Tomber en hypothermie: pendant une crue, l'air est saturé en humidité. Les parois ruissellent, les spéléologues aussi, ils peuvent être carrément trempés... le refroidissement est très rapide. Près des cascades, il se forme un mélange d'air et de gouttelettes d'eau qui, si il est respiré, peut provoquer des problèmes. Il vaut mieux y réfléchir avant de remonter un puits..., d'autant plus que la masse d'eau d'une cascade constitue un obstacle infranchissable même avec un débit qui ne se mesure pas en mètres cubes par seconde... 3.7.3. Les bons réflexes Identifier la zone à risques et la zone protégée. Eviter le sur-accident ! Se mettre en sécurité dans la zone protégée le plus rapidement possible, en faisant passer l'information et en veillant à ce que le reste de l'équipe en fasse autant... Dans les méandres: monter. Dans les puits: - se dégager du trajet de l'eau ! - penduler si possible - ne pas se mettre sous le trajet de l'eau pour atteindre un éventuel lieu plus calme - penser que la descente sur une corde est plus rapide que la montée... (une conversion rapide est plus sûre qu'une remontée) - un fractionnement est un lieu à risques s'il est sous l'eau - lutter contre le réflexe de la fuite vers la sortie 3.7.4. Pourquoi attendre ?
3.7.5. Gérer l'attente Faire un bilan de la situation. Constat des dégats. Y a-t-il des blessés ? Si oui à quel niveau de gravité ? S'il y a un blessé ou une personne atteinte moralement, s'en occuper en priorité et l'installer confortablement. Faire l'état des lieux : matériel perdu ; lieu d'attente ; nourriture et carbure disponibles. Estimer en fonction de la cavité, du lieu dans la cavité, de la situation extérieure (massif d'altitude, étranger, cavité en première) de l'organisation possible des secours et du temps présumé de leur intervention Le choix du lieu A l'abri d'une montée du niveau d'eau. Confortable, c'est à dire à l'abri du courant d'air, des embruns, du bruit. Signaler le lieu d'attente et baliser pour les équipes de secours s'il est à l'écart du parcours habituel (vire atteinte en escalade, fossile, salle derrière étroiture), par exemple en déroulant une corde. Dans une région où les secours sont organisés, ou si une équipe est en surface, gérer l'attente en fonction du délai d'intervention évalué. Dans le cas contraire, se préparer à une attente qui risque de durer... L'attente Il est fondamental de lutter contre l'hypothermie, la déshydratation et la baisse de moral. Il faut réaliser un abri fermé confortable avec des couvertures de survie jointes entre elles, en essayant de s'isoler au maximum du sol.... De plus, la construction d'un abri occupe les mains et l'esprit, et réchauffe ! Il faut dans un premier temps s'hydrater avec des boissons chaudes,(on ne manque pas d'eau) et s'alimenter, en gérant les stocks de nourriture et de combustible.
En fonction de la situation , de l'évaluation du temps d'arrivée des secours, il faut gérer la réserve d'éclairage, pour être sûr de ne jamais tomber en panne. Etre dans le noir de manière irrémédiable est un facteur aggravant, pouvant engendrer un suraccident (panique, absence de repères visuels etc). L'éclairage acétylène est aussi la source de chaleur. Il faut surveiller le niveau de la crue (mettre des repères physiques au niveau de l'eau), pour évaluer le temps d'attente. 3.7.6. La sortie Pour sortir, ne pas surestimer ses ressources. La fatigue accumulée liée à l'exploration, au froid, à l'attente, à la sous alimentation et au stress a engendré une consommation importante d'énergie. Tous les équipiers ne sont pas dans le même état de fatigue. Si ce sont les secours extérieurs qui interviennent, ce sont eux qui gérent la sortie, même si on se sent capable de sortir seul. Dans le cas de crues brèves ou d'un risque de lenteur (voire d'absence) de secours il faut parfois faire le choix de sortir de manière autonome. Il faut évaluer le plus objectivement possible les capacités de chacun pour sortir, et s'il le faut scinder l'équipe en deux en tenant compte des critères physiques, techniques et psychologiques pour former les deux groupes.
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