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Ecole Française de Spéléologie Manuel Technique - Moniteur |
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[ sommaire général ] |
[ chapitre 3.5. ] |
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3.4. LA PROGRESSION |
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Un moniteur est un spéléologue dont la technicité et la connaissance du milieu lui permettent d'évaluer la difficulté d'un passage. Il ne se mettra pas en danger, mais sera toutefois capable de progresser sans agrès dans des situations où la prise de risque paraît raisonnable. Il ne doit pas confondre difficulté et prise de risque. 3.4.1. La progression sur agrès 3.4.1.1. La descente 3.4.1.1.1. La descente avec un descendeur autobloquant
3.4.1.1.2. La descente avec un descendeur à barrettes Ce descendeur est très pratique pour la descente des grandes verticales. Le principe de fonctionnement de l'appareil est simple, plus on insère de barrettes, plus le freinage est important. De tels descendeurs sont peu utilisés, ils sont trop encombrants et lourds. 3.4.1.1.3. La descente «Vertaco»
Inconvénients, précautions : Ce sont les mêmes que pour la descente en C. Il ne faut pas risquer une traction brutale vers le bas, et donc laisser deux fractionnements ou un double amarrage entre deux équipiers. Il faut veiller au degré d'usure du mousqueton de descendeur et le remplacer dès que nécessaire. 3.4.1.2. Montée avec bloqueur de pied 3.4.1.2.1. Simultanée décalée Alors que la pédale classique impose de monter les deux pieds ensemble (c'est la technique en simultanée), la présence d'un bloqueur de pied permet de dissocier le mouvement en deux phases : Un premier temps où l'on monte la poignée, les bras, et le pied installé dans la pédale. Un deuxième temps ou le deuxième pied (celui du bloqueur) rejoint le premier en se positionnant à la même hauteur. La poussée des deux jambes, classique, permet alors de se soulever et de faire coulisser le croll jusqu'à sa nouvelle position. On recommence alors un nouveau cycle. Cette méthode est moins fatigante que la méthode classique car les abdominaux et les bras sont moins sollicités : le pied qui reste en bas, dans la première phase du mouvement, agit comme un balancier qui redresse le corps dans l'axe de la corde. L'effort pour soulever les jambes est plus progressif et plus "coulé" car il se déroule en deux temps : on se rapproche du mouvement de la marche au lieu de celui de la course en sac. 3.4.1.2.2. En alternative Avec cette technique, il s'agit véritablement de marche sur corde. Cela s'apparente à la remontée aux échelles sans ses inconvénients ou au rope-walking des techniques américaines.
Une sangle passée dans le trou simple supérieur de la poignée, et reliée à la main permet aux deux mains de se croiser aussi. La poignée reste plus bas, il n'y a pas de modification à apporter à la longueur de la pédale. Le mouvement le plus naturel est croisé, il consiste à associer pied droit / main gauche et pied gauche / main droite. Certains vont à l'amble, ce ne sont pas pour autant de mauvais chevaux...
Une montée plus lente en alternative est bien sûr possible, elle reste toujours plus rapide que la technique en simultané. On repasse très facilement en simultané classique ou en simultané décalé lorsqu'un tronçon est très long, lorsqu'on est très chargé, ou en plein vide. Un torse réglable prend alors tout son sens. La mobilité sur corde, le confort et la rapidité de remontée qui réduit la durée des sorties sont des facteurs de sécurité pour l'encadrement et l'exploration. L'alternative devient difficile avec beaucoup de poids (kit très lourd) car le pied du bloqueur est soumis à un effort plus important en torsion. Adaptation de l'équipement individuel Il faut adapter son équipement personnel à la technique de l'alternative. Suivant le pied qui portera le bloqueur, les transformations sont plus ou moins conséquentes. La principale est la pédale reliée à la botte. Pour qu'elle n'échappe pas du pied en cours de montée, on la maintient avec un élastique de chambre à air au niveau de la cheville et éventuellement un autre sous le genou. Entre les puits ou pendant la descente, le mousqueton de pédale peut rester relié au baudrier. La pédale reste alors contre la jambe, étrier instantanément disponible auquel on peut recourir pour les fractionnements délicats ou les vires. Le bloqueur de poignée est alors rangé sur le côté du cuissard sans rien qui pende et s'accroche. On peut aussi ranger la pédale, avec son mousqueton, entre la botte et l'élastique de cheville si ce dernier est assez large. Lorsqu'on utilise son bloqueur de poignée, on passe donc directement le mousqueton de grande longe dans le trou inférieur du bloqueur. Le mousqueton de pédale est ensuite passé dans le mousqueton de grande longe. Il faudrait donc régler la longueur de sa pédale en fonction de ce montage. Mais comme on est plus redressé sur la corde et qu'il faut une pédale légèrement plus longue, la plupart du temps on peut conserver sa pédale habituelle en l'état. Pour ceux qui portent le bloqueur pied droit et la pédale en fixe au pied gauche, il n'y pas d'autre adaptation, pour peu qu'ils utilisent déjà un torse réglable. Au contraire, ceux qui portent le bloqueur pied gauche et la pédale en fixe au pied droit vont être confrontés à l'impossibilité de passer un fractionnement sans désolidariser bloqueur de poignée, grande longe et pédale. Pour éviter cette situation, il faut dissocier petite et grande longe. La petite reste complètement à gauche sur le MAVC (lorsqu'on regarde le matériel sur soi), la grande est passée à droite. Pour ne pas encombrer le MAVC, on peut coiffer la boucle droite du cuissard avec la ganse du noeud inférieur de la grande longe. Le MAVC passé ensuite dans la boucle du cuissard empêche que la longe se balade. 3.4.1.2 3. Les puits étroits Le torse réglable Dans les puits étroits, il faut offrir un profil aussi "égyptien" que possible. Un torse réglable permet de s'adapter à la configuration des lieux en autorisant le redressement. Le bloqueur de pied Il est d'un grand secours par rapport à la pédale classique. Associé à la pédale en fixe qui ne quitte pas le pied au plus mauvais moment, il permet de franchir plus efficacement de tels obstacles. Les sorties de puits étroits sont également beaucoup plus faciles en permettant de continuer à se pousser sur le tronçon de corde du bas quand les prises et les appuis manquent au-dessus. Un modèle éjectable est indispensable pour pouvoir dégager le bloqueur alors qu'il est impossible d'atteindre son pied avec la main. (conversion dans un puits étroit, étroiture en sommet de puits). Dans les étroitures verticales sévères équipées avec une corde, il est souvent préférable de dégager le bloqueur ventral de la corde et de progresser uniquement avec le bloqueur de pieds et la pédale. On augmente ainsi la mobilité du bassin par rapport au torse. 3.4.1.2.4. Les puits inclinés Ils sont une épreuve avec un torse fixe, et ne posent pas de problème avec un torse réglable permettant de redresser le buste autant que nécessaire. Ce qui est fatigant lorsque la pédale ne travaille pas dans l'axe de la corde se franchit sans difficulté avec un bloqueur de pied. Au lieu de placer une main sur la corde au-dessus du bloqueur de poignée, il faut la poser sur la paroi. 3.4.1.3. Les tyroliennes
On économise beaucoup d'énergie pour sortir d'une tyrolienne en utilisant le bloqueur de pied ou la poignée et la pédale (la ganse de la pédale étant mousquetonnée à la corde). La progression sur la partie oblique montante est assumée par la jambe et non les bras uniquement. 3.4.1.4. Le portage des kits Point de spéléologue, point de spéléologie sans kit-bag. Cet accessoire indispensable est aussi une source constante de soucis et de jurons. Quelques techniques de transport permettent de se libérer de contraintes qu'il engendre, sans nous priver pour autant de sa fonction d'exutoire aux manifestations de fatigue et aux coups de colère. Pour les verticales, il ne faut évidemment pas le garder sur le dos, puisqu'il provoque un basculement vers l'arrière très fatigant pour les bras. Mais, suspendu classiquement au bout de sa longe, il a tendance à s'enrouler autour de la corde ou à s'emmêler dans les boucles, à acquérir un mouvement de balancier vite insupportable (remontée en simultanée), à s'accrocher aux aspérités ou à se coincer sous les lèvres des puits et dans les méandres. Il est donc souhaitable de le rapprocher du spéléologue et qu'ainsi il fasse corps avec lui. Longé court: longé au milieu de sa cordelette, le kit est beaucoup moins soumis au balancement qu'engendre le mouvement de remontée en simultanée. Il est plus accessible, pour le déséquipement par exemple. Par contre, il est au milieu des jambes et s'avère parfois gênant (les pieds se prennent dans les bretelles), il faut le délonger à chaque fois dans les passages horizontaux, entre les puits pour le prendre à bout de bras ou le passer sur l'épaule.
3.4.1.5. Les fils clairs, les câbles Ce sont des aides à la progression et non des moyens d'assurance. On se déplace en y étant relié par un mousqueton en acier. S'il y a risque en cas de rupture, il faut protéger le passage avec une corde sur laquelle on se longe. 3.4.2. La progression en rivière 3.4.2.1. Les précautions générales Prendre des informations météorologiques sur plusieurs jours si l'on doit rester longtemps sous terre. Il est intéressant d'avoir un altimètre-baromètre car il pourra prévenir des éventuelles chutes de pression si on connaît la topographie de la cavité. Se renseigner sur les conditions hydrologiques du système : -violence des crues, -temps de décrue, -éventuels échappatoires ou zones refuges. Il est bon de prévoir le retour (violence du courant, variations de débit...) et d'adapter l'équipement en conséquence. Une cascade de deux mètres de haut se descend facilement mais peut être infranchissable au retour en fin d'après midi avec une petite montée des eaux due à la fonte des névés... 3.4.2.2. La flottabilité du spéléologue équipé, les risques Un spéléologue équipé a un surplus de poids d'environ 5 kilos. Nager dans ces conditions est très difficile, même si la combinaison a tendance à faire une poche d'air au niveau des épaules qui aide à la flottaison. Les bottes sont particulièrement gênantes. Dans tous les cas, il vaut mieux ne pas tomber dans l'eau. 3.4.2.3. Eviter l'eau et le refroidissement Il est évident que l'eau est "fraîche" sous terre. Elle entraîne inévitablement un refroidissement. Il faut l'éviter au maximum. Plusieurs solutions sont possibles. 3.4.2.4. L'emploi de la pontonnière La pontonnière est l'outil idéal pour la rivière souterraine peu profonde, elle est peu encombrante, légère, et évite le contact direct avec l'eau. Mais elle est fragile et demande quelques précautions d'emploi. Il faut prévoir du matériel de réparation (elle est facile à réparer sous terre) et il faut éviter de tomber à l'eau car elle peut se remplir (heureusement elle a tendance à se plaquer sur le corps au moment de la pénétration dans l'eau mais il faut réagir vite et regagner le plus vite possible le rivage pour que l'eau n'ait pas le temps de pénétrer dans la pontonnière). Par contre la pontonnière, si elle protège de l'eau, ne protège pas du froid ! Il faudra donc, lors de l'exploration de rivières dans des cavités froides, prévoir des sous vêtements chauds. 3.4.2.5. L'emploi de la Néoprène La Néoprène est intéressante dans les rivières souterraines profondes où il faut nager mais cela demande une habitude car même avec une combinaison Néoprène, on finit par avoir froid. L'inconvénient est qu'elle est volumineuse et lourde et qu'elle met en contact avec l'eau. Lors d'un port prolongé, elle peut occasionner des irritations aux articulations. Elle manque de souplesse, ce qui entraîne une fatigue supplémentaire. De plus, le port de la Néoprène est à proscrire dans les portions sèches des cavités (gros coup de chaleur garanti, et plus si usage prolongé)... 3.4.2.6. L'emploi de l'association ponto-veste Néoprène. La veste Néoprène plaque la pontonnière, protège le haut du buste et permet une immersion de courte durée (franchissement de voûtes mouillantes ou de courts siphons). La sous combinaison n'est que légèrement humide. 3.4.2.7. Prendre en compte les variation d'adhérence et de pesanteur
Pour éviter de marcher avec les bottes pleines, s'équiper de chaussures canyon dans les réseaux essentiellement aquatiques, ou retrousser les bottes pour porter moins d'eau. 3.4.2.8. L'escalade à moitié immergé Equipé d'une pontonnière ou d'une Néoprène, il ne faut pas hésiter à s'immerger pour être aidé par la poussée d'Archimède dans une progression contre la paroi.
3.4.2.11. Le transport du matériel, la flottabilité Il faut mettre tout le matériel craignant l'eau à l'abri (sacs étanches, bidons). Il faut prévoir un bidon ou un sac étanche par kit pour favoriser la flottabilité (comme en canyon). L'idéal serait que tout cela soit transporté dans un sac laissant s'évacuer l'eau : kit canyon, kit porté à l'envers. 3.4.2.12. Les bouées diverses Pour éviter d'avoir à transporter un canot dans le cas de biefs assez courts, une bouée permet de progresser avec une pontonnière (bouées du commerce, chambres à air et système gonfleur...). 3.4.2.13. Le canotage Le danger est le risque de noyade en cas de naufrage. A partir du moment où l'on est sur un canot, le risque est de se retrouver à l'eau. Il faut réduire au maximum ce risque au moment de l'embarquement, du débarquement et pendant la navigation (crevaisons contre les parois, erreurs de pilotage). Il faut éviter les mouvements brusques et incontrôlés lors de la navigation. Pour éviter le risque de noyade en cas de naufrage, il ne faut surtout pas être longé à un kit.... Le gilet flotteur : il est évident que lorsqu'on a le moindre doute il est plus rassurant d'avoir un gilet mais c'est encombrant surtout quand la rivière est à moins mille ! La navigation : Dans tous les cas, il est indispensable d'avoir le centre de gravité le plus bas possible, et donc il ne faut surtout pas avoir de sac sur le dos... Dans le même ordre d'idée, il est plus stable d'être assis qu'à genoux dans un canot Pour la progression, il peut être utile d'employer des pagaies, si leur transport sous terre ne pose pas de problèmes. Dans le cas contraire, des mains gantées font tout à fait l'affaire... Il est indispensable de naviguer en surveillant les aspérités et lames éventuelles et en s'en écartant, mais sans gesticulation intempestive. Lors d'un passage étroit où le canot ne passe pas normalement, il peut être utile de le dégonfler partiellement. Les manoeuvres de renvoi : Il faut prévoir de la cordelette flottante (polypropylène) qui permet de ramener le canot quand le coéquipier a franchi la vasque. Cette manoeuvre doit être faite avec délicatesse (éviter de coincer le canot ou la cordelette de renvoi). Il faut éviter aussi de faire des navettes trop longues ou sinueuses... 3.4.2.14. Les voûtes basses, mouillantes ou siphonnantes. Dans certain cas la surface du plafond et celle de l'eau vont être très proches (voûtes basses ou mouillantes), ou carrément en contact sur une petite distance (voûte siphonnante). Si on a pied, y compris pour les petits, le seul problème à résoudre sera celui de la trajectoire . Une corde tendue dans le passage et attachée solidement de part et d'autre sert de fil d'Ariane. Il est impératif de s'engager dans une voûte mouillante ou siphonnante, avec un équipement le plus simple possible. Il faut se débarrasser de tout ce qui peut accrocher (pédale, poulie-bloqueur, amarrages, sangles etc) et le placer dans les sacs.
Sauf cas particulier très rare : cascade en sortie de vasque, il est préférable de ne pas se longer sur ce type d'équipement. Il vaut mieux assister un équipier peu à l'aise dans ce genre de passage en se plaçant de part et d'autre de l'obstacle, ou avec une corde supplémentaire, que de prendre le risque de le voir s'affoler et se coincer sous l'eau avec sa longe. Il faut tenir compte du fait que souvent l'eau se trouble très rapidement dès le premier passage. Dans ces situations, la pontonnière seule est inutilisable. La Néoprène complète, ou les associations pontonnière-cagoule Marboré, ou pontonnière-veste Néoprène protègent correctement de l'eau froide.
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