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Ecole Française de Spéléologie Manuel Technique - Moniteur |
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[ sommaire général ] |
[ chapitre 3.4. ] |
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3.3. LE MATERIEL COLLECTIF
3.3.1. Les cordes 3.3.1.1. Les cordes statiques L'utilisation des cordes statiques de 9 mm de diamètre et plus est décrite dans le chapitre initiateur (2.5). L'utilisation des cordes statiques d'un diamètre inférieur ou égal à 8 mm fait l'objet d'un document spécifique : Les techniques exceptionnelles. L'emploi de mousquetons ultra légers (résistance 1500 daN) est traité dans le même document 3.3.1.2. Les cordes dynamiques Elles sont peu utilisées en spéléologie et essentiellement pour les escalades souterraines. Elles sont utilisées dans le cas où il y a un risque de chute. Elles sont prévues pour amortir des chutes de facteur allant jusqu'à 2 . Il existe plusieurs types:
Les cordes à simple de longueur réduite (25 à 30 m) sont suffisantes pour les escalades souterraines, car on installe fréquemment des relais. 3.3.2. Les mousquetons L'utilisation des mousquetons sans vis pour les amarrages peut s'envisager dans le cas où il n'y a pas de risque que le mousqueton s'ouvre intempestivement (car sa résistance est diminuée de plus de la moitié dans cette situation): appui sur une protubérance rocheuse, une branche,... après un mouvement de l'amarrage (par exemple lorsque le mousqueton est placé en bout de sangle). Si cette technique apporte un léger gain de poids et plus de rapidité d'exécution , elle implique une vigilance particulière lors de l'utilisation des agrès. Il faut, une fois le fractionnement franchi, vérifier systématiquement la position du mousqueton qui peut s'être retourné dans la plaquette. S'il y a le moindre doute sur le comportement d'un mousqueton pendant la progression ou dans l'éventualité d'une rupture d'amarrage, il faut préférer un mousqueton à virole.
3.3.3. Les amarrages 3.3.3.1. Les pitons
Pour le planté de piton, il faut tenir compte de plusieurs facteurs: la qualité du rocher, le choix de la fissure et le choix du piton. Mais il faut aussi se soucier de la direction des efforts et chocs éventuels qui seront appliqués: un piton n'est pas sûr s'il travaille dans le sens de l'arrachement ce qui est souvent le cas lorsqu'on veut y recourir pour installer des déviations.
3.3.3.2. Les coinceurs On les utilise surtout en prospection et pour la pose de déviations. Ils sont très adaptés aux roches massives trés corrodées, au lapiaz comme aux zones concrétionnées.
La pose du coinceur paraît facile à première vue. Mais très souvent un coinceur ne tient que dans une direction précise et peut sortir s'il est sollicité dans un autre sens. Au moment de la pose, il faut parvenir à un coincement suffisant pour qu'il ne soit pas délogé au moindre mouvement, tout en laissant la possibilité de le retirer sans trop de difficulté. Placé trop loin dans une fissure, on risque de ne pas pouvoir le récupérer. Il vaut mieux ne pas utiliser des coinceurs trop petits dans des roches tendres ou dans de la calcite si on veut les récupérer. Il est souvent judicieux de placer une sangle pour relier le coinceur au mousqueton d'amarrage. Sa souplesse amortit les sollicitations qui, autrement, pourraient libérer le coinceur. Autant que possible, on cherchera à verrouiller le coinceur c'est à dire à le faire glisser dans la fissure jusqu'à la position où tout échappement accidentel est impossible. Mieux encore, on peut rendre le coinceur prisonnier en le plaçant par exemple dans une lunule ou un orifice entre des concrétions.
3.3.3.3. Les chevilles Le premier principe de sécurité concernant les amarrages artificiels consiste à envisager la possibilité d'un défaut invisible lors de la mise en place. Par conséquent, tout amarrage artificiel doit être contre assuré. Les exemples ne manquent pas, quelles que soient les caractéristiques techniques des amarrages utilisés: expansion de cheville mal réalisée, collage raté pour les broches, desserrage et recul du cône (Long Life, HKD), etc.
3.3.4. Les perforateurs Même si leur usage est de plus en plus fréquent en spéléologie, notamment pour la désobstruction, ils restent encore souvent des outils d'exception pour l'équipement.
3.3.4.1. Les perforateurs électriques Longtemps n'ont été utilisés que les perforateurs électriques à un groupe électrogène, qui restait lui à l'entrée de la cavité. Un câble électrique, lourd, encombrant et dont les connexions craignent l'eau tout en présentant une source de danger (pour les modèles fonctionnant en 220 V) relie le groupe au perforateur. Ce système a l'avantage d'offrir une énergie "illimitée" et une bonne puissance pour des travaux souterrains importants (désobstruction) sans apporter les dégagements toxiques des perforateurs thermiques (à condition de ne pas placer le groupe électrogène juste à l'entrée de la cavité si celle-ci aspire!). Mais il faut se cantonner à la zone d'entrée des cavités, car on ne peut guère utiliser plus de 100 mètres de câbles électriques. L'entrée doit être relativement accessible pour y porter le groupe sans trop de peine. Enfin, cette technique n'est pas envisageable pour l'équipement des cavités. Aujourd'hui, les perforateurs électriques à accumulateurs sont les plus utilisés. Ils existent en 24 et 12 volts. On trouve encore des modèles plus anciens en 36 volts. Les modèles en 24 et 36 volts conviennent à des petits travaux de désobstruction et à l'équipement. On ne peut guère envisager de percer à un diamètre supérieur à 12 mm sous peine de voir l'autonomie de perçage devenir ridicule... Ces perforateurs sont relativement légers mais l'autonomie des accumulateurs d'origine est assez faible. Utilisés pour l'escalade en artif, ces accumulateurs augmentent de façon non-négligeable le poids tenu à bout de bras. 3.3.4.2. Les perforateurs thermiques Ils ne peuvent être utilisés en spéléologie que dans des cavités très bien ventilées, à cause du dégagement toxique des gaz d'échappement et du monoxyde de carbone (CO). Leur utilisation principale est la désobstruction, puisqu'on dispose d'une autonomie seulement limitée par la quantité de carburant emportée, et d'une puissance suffisante pour des forages longs ou de diamètre important (en pratique, jusqu'à 18 mm, diamètre des éclateurs de roche). Le poids et l'encombrement de l'engin ne sont pas négligeables, interdisant une utilisation à bout de bras, et sa manipulation nécessite précaution (présence d'essence à côté des flammes de l'acétylène) et habitude (caprices et finesse des réglages des moteurs 2 temps). Ils ne sont guère utilisables pour l'équipement, sauf peut-être pour des équipements en fixe au moyen de broches (nombreux perçages à fort diamètre). 3.3.4.3. Les accumulateurs Pour augmenter l'autonomie des perforateurs électriques, il est fréquent de recourir aux batteries au plomb gélifié, étanches. Il est alors nécessaire de modifier le perforateur ou de réaliser un adaptateur pour y connecter les accumulateurs. Il existe des modèles d'accumulateurs débitant 7 Ah et 9 Ah. On peut ainsi multiplier l'autonomie jusqu'à 4 ou 5 fois par rapport aux accumulateurs d'origine avec en contrepartie un poids important à transporter.
Ils ne supportent pas une décharge complète et doivent être entretenus par des cycles de décharge-recharge à intervalle régulier sans-quoi ils deviennent rapidement hors-d'usage. Un accumulateur vide pesant autant qu'un plein, il est particulièrement vexant et pénible de le remonter après n'avoir fait que la moitié d'un trou de spit : l'entretien de ce matériel est donc particulièrement important. Enfin, les recharges nécessitent une source d'électricité à proximité, chose moins évidente qu'il n'y paraît lorsqu'on est en camp en haute montagne. 3.3.4.4. Les mèches Les méches à double rampe, plus coûteuses, permettent une meilleure évacuation de la poussière et sont donc plus efficaces, tout en économisant l'énergie consommée. 3.3.4.5. Le planté de chevilles au perforateur
3.3.4.6. L'entretien des perforateurs Vu leur prix, les perforateurs justifient un entretien soigné: nettoyage, dépoussiérage, lubrification du mandrin, en respectant les conseils d'entretien des constructeurs. Il vaut mieux ne pas les laisser moisir dans un sac, voire sous terre entre deux explorations ! 3.3.4.7. Le transport des perforateurs Il n'existe que très peu de modèles transportables sous terre dans un bidon étanche (6 litres). Pour certains modèles, on peut acquérir un sac de transport spécifique, qui protège efficacement le perforateur mais contraint à porter deux sacs (le kit et celui du perfo), ce qui n'est guère commode. Pour les autres modèles, il sera judicieux de prévoir un conditionnement relativement étanche (sacs...) et antichoc (mousse, morceaux de karrimat...) qui pourra entrer dans un kit. En cours d'utilisation à l'équipement ou en escalade, il faut prévoir de longer le perforateur, par sécurité et pour pouvoir se libérer les mains facilement. Une sangle assez longue en bandoulière donne en général assez de liberté de mouvement pour forer et laisse reposer le perforateur à portée de main. 3.5. Les canots pneumatiques 3.3.5.1. Les modèles Il existe des canots mono-place et bi-place. Ils sont fabriqués en nylon enduit latex double face, enduit caoutchouc ou enduit PU. Il en existe aussi en PVC (type bateau de plage). Pour le choix du canot, il faut tenir compte de plusieurs facteurs : le poids, la distance de navigation à parcourir, la facilité de réparation sous terre, le nombre de compartiments gonflables, la facilité de gonflage, la présence d'une cordelette sur le pourtour, ainsi que le nombre de places. 3.3.5.2. Les usages
3.3.5.3. L'équipement nécessaire Les pagaies, si leur transport est possible. Sinon des gants à longues manchettes avec les mains à l'intérieur font l'affaire. La cordelette flottante pour les navettes de canot, dont la longueur est le double de celle de la plus longue navigation. (attention aux virages...) Les gilets flotteurs : si certains des membres de l'équipe ne sont pas à l'aise dans l'eau. De fait, vu leur volume et donc leur encombrement, on en voit très peu sous terre...Mais leur usage est fortement conseillé. Le gonfleur : un spéléologue en état de marche et qui n'est pas totalement asthmatique constitue un bon gonfleur. Pour le transport des kits sur le canot, ne jamais longer le ou les kits sur soi !!! 3.3.5.4. Réparations Sur les canots enduits latex, le collage de pièces latex avec de la colle de dissolution est parfait, les rustines"tip top" sont idéales pour les petits trous. Sur les autres types de canots, il est bon de tester à l'avance la colle qui permet les réparations. Attention toutefois au délai de séchage! Dans certains cas, il est plus rapide - si l'accroc n'est pas trop important - de faire une ligature autour de la déchirure... 3.3.5.5. L'entretien des canots Rinçage après l'exploration, séchage à l'abri du soleil, sont un minimum. Le talcage est vivement conseillé intérieurement et extérieurement (canot en latex). Le stockage sera fonction du matériau et conforme aux conseils du fabricant. 3.3.6. Les sacs de portage ou kits bags Un kit est un outil technique : sa longe est solide, il est fabriqué dans un tissu très résistant à l'abrasion, sa poignée bien placée, son volume correspondant à l'exploration. Un kit doit être choisi aussi en fonction de la cavité (il ne faut pas prendre un kit sherpa dans une cavité où il n'y a que du méandre). Il doit être en bon état (combien de fois voit-on des kits avec le fond prêt à "exploser" ce qui peut être lourd de conséquences si le fond du kit vient à céder dans un puits). Les différents constructeurs proposent actuellement 4 types de sac :
3.3.7. Le conditionnement: bidons, boîtes étanches, sacs étanches... Le conditionnement du matériel dépendra du type d'exploration ainsi que de la morphologie de la cavité explorée.
Dans le cas d'une exploration avec bivouac, il faudra prévoir des affaires de rechange, sacs de couchage... Il est évident que tout ceci doit être à l'abri de l'humidité. On peut utiliser les sacs étanches (en PVC soudé ou en LATEX) avec différents types de fermeture : fermeture par pliage de la partie supérieure du sac avec un élastique ou fermeture par enroulement. Ils sont plus adaptés au conditionnement du matériel textile. Il est prudent de ne pas les utiliser pour transporter une fourchette... Pour les équipes légères, on peut même conditionner la nourriture dans des sacs de congélation (il en existe avec fermeture par zip). |
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