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Ecole Française de Spéléologie Manuel Technique - Moniteur |
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[ sommaire général ] |
[ chapitre 3.3. ] |
| 3.2. L'EQUIPEMENT INDIVIDUEL |
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Confronté à des conditions d'exploration très variées, le matériel individuel du moniteur doit être le plus complet, le plus performant, le plus adapté possible. Il serait illusoire d'espérer définir une panoplie de matériel polyvalent. Un tel équipement ne serait au contraire jamais totalement efficace. Cette adaptation du matériel est à envisager en fonction des divers types de cavités, de sa technique, de la durée de l'exploration, du type d'activité envisagé (on ne s'équipe pas forcément de la même manière pour une pointe rapide ou pour un encadrement en stage), du matériel collectif que l'on va utiliser, du niveau de ses coéquipiers, etc. Dans le choix du matériel individuel les essais, les comparaisons, et les discussions avec d'autres spéléologues sont fort utiles et on peut garder à l'esprit, même si la notion de coût intervient, le précepte suivant : L'efficacité passe par l'utilisation d'un matériel bien adapté et performant. 3.2.1. Le casque Il n'est pas à priori différent de celui de l'initiateur. Les critères de sécurité sont identiques. Par contre les critères de conforts doivent être repensés. La longueur et la difficulté des explorations rendront rapidement insupportable un casque mal choisi. Choisir un modèle adapté à la morphologie de son crâne est un critère important. Le confort et la tenue sur la tête sont indispensables : un casque qui flotte et tombe sur les yeux ou en arrière, des jugulaires irritantes sont à proscrire. Le bon casque s'oublie, le mauvais perturbe. Le poids est un facteur important. Certains modèles ne pèsent que 260 grammes contre les 450 habituellement rencontrés. C'est une économie de fatigue pour de longues explorations. Il faut retenir un modèle ayant une plage de réglage importante (et aisée) pour pouvoir le porter sur une cagoule Néoprène, ou un bonnet. Les modèles à molettes sont les plus efficaces 3.2.2. L'éclairage 3.2.2.1. L'éclairage acétylène Il est indispensable de pouvoir dissocier facilement son générateur acétylène du casque. Ce dernier peut ainsi être utilisé en falaise, en prospection, pour franchir des étroitures sans être encombré. Divers embouts peuvent être utilisés pour le raccord du tronçon de tuyau solidaire du casque avec le tuyau de la lampe acétylène : raccord de tuyau de gaz domestique, corps de stylo-bille,... Les systèmes qui permettent de détacher l'ensemble pipe-bec-piezo-réflecteur du casque sont particulièrement commodes (notamment pour se réchauffer sous la couverture de survie tout en gardant le casque sur la tête). Les réflecteurs en aluminium ou cuivre chromé (non magnétiques) évitent les erreurs en topographie. Il existe des becs de 14 et de 21 litres. Les becs de 14 litres permettent de réduire la consommation de carbure, augmentent l'autonomie. Dans les cavités de dimensions réduites, ils dispensent un éclairage suffisant et évitent de noircir inutilement les plafonds. Mais un éclairage efficace est un facteur important de sécurité et de rapidité. 3.2.2.2. L'éclairage électrique Un éclairage électrique puissant est un atout important : il permet de repérer les équipements éloignés dans les grands puits, de mieux appréhender le cheminement à suivre dans la cavité lors de l'équipement, d'éclairer certains détails sans nécessiter le transport d'un projecteur spécial. Dans les puits arrosés, ou tout autre situation, il permet de pallier à l'extinction de la flamme . Le réflecteur doit rester en bon état pour être efficace. Si un éclairage électrique est ouvert sous terre (remplacement d'une ampoule par exemple), il faudra ensuite le démonter pour permettre son séchage, sans quoi il se piquera. De même, il est important d'ouvrir les boîtiers étanches de piles après utilisation. 3.2.2.3. Le générateur acétylène Plusieurs modèles existent. Chacun a sa spécificité mais aucun n'est réellement polyvalent. Les modèles en matière plastique et en titane sont plus légers, plus résistants, mais difficiles à réparer. Les modèles métalliques plus lourds peuvent être réparés avec des techniques et des outils traditionnels dans de nombreux pays. Le choix de la dimension du réservoir de carbure (200 ou 300 gr) est justifié par la cavité et le rythme de l'équipe. Quel que soit le modèle choisi il faut en connaître les spécificités pour un éclairage optimum : réserve d'eau, bourrage de la chaux, renouvellement du carbure. Voir correctement, au bon moment est un principe de sécurité indiscutable. Il est important de connaître les défauts du modèle choisi et d'y remédier par un bricolage adapté (bouchon d'eau, tampon etc.). Certains modèles présentent des défauts et un manque de fiabilité incompatibles avec des explorations d'envergure (pas de vis fragile, débit de gaz irrégulier, réservoir d'eau peu étanche...). Il faut savoir remédier sous terre à une panne simple et anticiper sur l'usure. 3.2.2.4. Le carbure de calcium Attention, on ne le trouve pas dans tous les pays sous un calibrage adapté à nos lampes de spéléo. Les calibres vont du bloc de un kilogramme à la poudre de carbure. 3.2.3. Les sous-vêtements 3.2.3.1. Le choix d'un sous-vêtement dépend des caractéristiques de la cavité envisagée, mais aussi de la physiologie de chaque individu. Il est donc important d'intégrer les nombreux critères qui entrent en ligne. En effet, si un sous-vêtement trop léger pour une cavité donnée expose le spéléologue au risque d'hypothermie, l'excès inverse peut avoir des conséquences toutes aussi graves : déshydratation et fatigue accélérées par une sudation excessive et refroidissement plus rapide lors des arrêts dans des vêtements trempés. On intégrera donc :
3.2.3.2. La cagoule Le cuir chevelu est la partie du corps qui évacue le plus la chaleur. On a donc tout intérêt a prévoir la protection de celui-ci à l'aide d'un bonnet ou d'une cagoule. Cette dernière a l'avantage de protéger aussi la nuque et pour les modèles à plastron le haut du dos et du thorax. Les modèles en soie ou en Rhovyl sont moins volumineux qu'un bonnet pour une chaleur équivalente. 3.2.3.3. Dans les bottes Les extrémités sont difficiles à maintenir chaudes, c'est le cas pour les pieds. Il faut permettre la circulation sanguine et donc ne pas les comprimer dans trop d'épaisseurs de sous-vêtements. Attention à l'emploi des chaussons Néoprène qui, portés à même la peau pendant de longues explorations, peuvent provoquer des brûlures. Les chaussons de bottes en fourrure polaire sont plus confortables et plus chauds si on reste sec dans les bottes. Pour renforcer l'isolation par rapport au sol, il est judicieux de placer des semelles intérieures au fond de ses bottes. 3.2.3.4. Les sous gants Dans les cavités très froides ou pour les personnes se refroidissant rapidement par les extrémités il est parfois indispensable de prévoir en plus des gants, des sous gants en soie ou laine comme pour le ski. 3.2.4. La combinaison Actuellement, ce sont surtout les combinaisons étanches en PVC enduit et les modèles semi-étanches en Nylon enduit qui sont utilisés. Les premières rendent service dans les cavités très arrosées ou très boueuses mais elles ne laissent guère évacuer la transpiration. Elles possèdent en général une capuche, mais d'une efficacité limitée. Elles manquent énormément de souplesse ce qui est une source supplémentaire de fatigue. Elles sont assez sensibles à la coupure mais avec un peu de soin, elles sont aisément réparables. Il faut en limiter l'usage aux cavités où l'humidité extérieure sera très nettement et constamment supérieure à l'humidité que l'on produira à l'intérieur. Les combinaisons en Nylon enduit sont beaucoup plus souples et globalement plus polyvalentes. Le revêtement intérieur disparaît généralement assez vite mais on gagne en respirabilité ce qu'on perd en étanchéité. Elles ne possèdent pour la plupart pas de capuche. Elles vieillissent avec des accrocs qui les déchirent et surtout par l'usure des coutures qui expose ensuite le tissu à l'effilochage. Le choix d'un type de combinaison et de sa taille avant une sortie se fait en tenant compte de la sous combinaison ou des autres vêtements que l'on pense lui associer (pontonnière, cagoule Marboré, Néoprène,...). 3.2.5. La couverture de survie Le modèle renforcé est le plus adapté. Son poids et son volume font qu'il n'est pas possible de la loger dans le casque. On peut la conserver dans une des bottes, dans le dos ou sur les fesses entre la combinaison et la sous combinaison. Dans ce dernier cas, le cuissard la maintient en place et elle constitue un isolant lorsqu'on s'appuie sur des parois ou un sol humide. Dans certaines cavités, il n'est pas inutile d'emporter deux couvertures de survie. L'épaisse pour réguler la température au cours des attentes (repas, base de puits), la fine en complément pour les situations exceptionnelles (crues, mise en place de point chaud) . Les fines doivent être ouvertes et repliées lors de l'acquisition pour éviter qu'elles ne se collent et deviennent inutilisables. 3.2.6. La pontonnière Il s'agit d'un vêtement étanche enveloppant les pieds, les jambes et le buste jusqu'à hauteur des aisselles environ. Il existe différents modèles, certains en latex d'une pièce, d'autres en toile enduite. Les modèles en toile enduite sont plus résistants et plus faciles d'entretien, mais plus volumineux et moins confortables que les modèles en latex parce que non élastiques.
Les pontonnières en latex doivent être méticuleusement entretenues : rinçage et séchage immédiat après la sortie, enduction de talc avant rangement, pas d'exposition prolongée au soleil. Si les deux couches de latex se collent, la pontonnière devient très difficilement réutilisable. La pontonnière s'utilise normalement pour franchir des passages aquatiques où l'on a pied. L'entrée d'eau par le haut du vêtement est dangereuse. En cas de remplissage, la pontonnière contrarie fortement la flottaison, à plus forte raison la nage. Pour les passages aquatiques profonds mais courts, on peut associer la pontonnière à une bouée (chambre à air) qui permettra de maintenir hors de l'eau la partie du buste non protégée. Si la pontonnière assure l'étanchéité, en revanche elle ne protège pas du froid. Ce sont donc les sous-vêtements intercalés entre le corps et la pontonnière qui remplissent cette fonction. A l'inverse, elle n'est pas du tout respirante et peut conduire à un effet "sauna" dont il est recommandé de se méfier. 3.2.7. La cagoule Marboré C'est le complément de la pontonnière, même si son usage se révèle beaucoup moins fréquent. Elle est réalisée en latex une pièce et protège la tête, la nuque, les bras et les mains (puisque l'extrémité des manches à la forme de gants), le buste jusqu'à la taille. Elle s'entretient comme la pontonnière en latex. La pression de l'eau peut suffire à réaliser l'étanchéité entre la cagoule et la pontonnière qu'elle recouvre. On peut éventuellement l'augmenter au moyen d'une ceinture. La cagoule se révèle indispensable pour franchir certaines verticales arrosées et - associée à la pontonnière - les voûtes mouillantes ou les vasques nécessitant de nager. Là encore, il ne s'agit pas de protection thermique ce qui laisse le spéléologue exposé à ce risque. Il faut donc être très prudent notamment pour les verticales arrosées car la cagoule ne prémunit pas contre l'engourdissement dû à la chute d'eau glacée sur la nuque et les risques de noyade sur corde ! 3.2.8. La combinaison Néoprène La combinaison Néoprène utilisée en spéléologie est analogue à celle de la descente de canyon. Elle n'est pas étanche mais isole du froid en immobilisant une pellicule d'eau au contact de la peau où elle se réchauffe. Il est donc nécessaire que la combinaison plaque bien au corps pour que l'eau ne circule pas (la couche tiède serait remplacée par de l'eau froide). Recouverte en spéléologie par la combinaison, puis par le baudrier et tous les accessoires de progression, la combinaison Néoprène limite fortement la souplesse et la mobilité du spéléologue. Le choix de l'épaisseur du tissu Néoprène doit donc être un compromis entre pouvoir isolant et souplesse. En général les épaisseurs de 3 à 6 mm sont satisfaisantes. Il existe différentes qualités de Néoprène et il faut préférer un tissu bien élastique. Les vêtements en deux parties sont polyvalents : pantalon "Long John" qui peut être utilisé sans la veste éventuellement (eau peu profonde, long passage sec), et veste munie d'une cagoule pour protéger la nuque et la tête, s'ouvrant sur le devant. Cela permet de l'ouvrir facilement pendant les moments de progression hors d'eau.
3.2.9. Le cuissard 3.2.9.1. Il existe de nombreux modèles de cuissards proposés dans le commerce. Le premier critère de choix est bien sûr le confort, mais d'autres caractéristiques entrent en ligne de compte. Le poids peut en être un, et on peut se demander ce qui justifie encore la présence de triangles métalliques pour le M.A.V.C (Maillon A Vis de Ceinture). La position du corps en suspension dans le cuissard est plus importante encore. Certains modèles assoient littéralement le spéléologue, et plus encore celui ou celle qui y est prédisposé par sa morphologie. Il est évident que cela ne favorise pas la remontée sur corde, surtout en "alternative" (voir chap. 3.4.1 "progression sur agrès"). On peut comparer le phénomène avec l'exercice consistant à se lever plusieurs centaines de fois d'un siège. C'est plus facile avec une chaise haute qu'avec un fauteuil bas et très moelleux dans lequel on s'enfonce. Certains modèles, malgré tous les réglages et les serrages, ne parviennent jamais à plaquer le bloqueur ventral sur le ventre, ou le positionnent trop haut. Ils font perdre à chaque "foulée sur corde" quelques centimètres qu'un petit calcul rend soudain précieux: 300 mouvements : (100 m de verticale environ) x 5 cm = 15 mètres perdus ! D'autre part, certaines manoeuvres (dégagement Croll à Croll par exemple) sont quasiment irréalisables avec un tel matériel. Il est donc judicieux de tester, en situation, différents modèles et de bien définir sa pratique et ses besoins avant de fixer son choix: combien de temps passe-t-on effectivement en suspension au cours d'une exploration ? Et là aussi il est envisageable d'adopter plusieurs modèles et d'utiliser celui qui est le plus adapté à la situation rencontrée. 3.2.9.2. La cordelette de portage du sac On peut avoir recours à une cordelette (utilisable dans les techniques de réchappe) pour arrimer son kit-bag au cuissard. Celle-ci peut passer dans une des boucles de MAVC, les deux, ou le dessous de la sangle de tour de cuisse. Il faut choisir le point d'attache en fonction de sa technique de montée et de la morphologie du puits. 3.2.9.3. Le cuissard léger fabriqué en sangle
3.2.10. Le torse Si un torse au serrage efficace est indispensable pour la remontée en simultané (c'est à dire la méthode classique avec poussée simultanée des deux jambes), il l'est beaucoup moins en revanche pour la méthode en alternative où il est nécessaire au contraire de se redresser. Le torse ne sert alors qu'à maintenir le bloqueur ventral en position verticale et on peut donc le remplacer par exemple par la sangle porte-lampe acétylène mise en bandoulière et un petit mousqueton léger relié au trou supérieur du bloqueur ventral. 3.2.11. Les longes Les mousquetons des longes sont sollicités fréquemment. Ce sont des appareils qui sont utilisés pour des actions rapides, de sécurité voire d'urgence (intervention sur un autre spéléologue). Il est donc particulièrement judicieux d'être attentif au moment du choix .
Un mousqueton de longe peut être amené à travailler en travers sur son petit axe lors d'une chute du spéléologue longé sur un amarrage. Il faut donc choisir un modèle robuste et éviter les modèles légers . La taille des longes est définie de manière moyenne dans le chapitre initiateur (2.1.10.), leur dimension peut être augmentée pour diverses raisons (encadrement nécessitant plus de mobilité, cavité avec beaucoup de tyroliennes, etc.). Si on fait le choix de remonter avec la technique alternative ( dans le cas unique ou l'on ne supporte pas le bloqueur de pied au pied droit) il est préférable pour plus de clarté au fractionnement de dissocier les deux longes et de placer la grande à la droite du bloqueur ventral . 3.2.12 Les descendeurs 3.2.12.1 le mousqueton du descendeur Tout mousqueton d'une résistance supérieure à 2200 kg est satisfaisant pour relier le descendeur au MAVC. Cependant, plusieurs arguments plaident en faveur d'un matériel précis:
3.2.12.2. Le mousqueton de renvoi
3. 2.12.3. Le descendeur simple Le descendeur simple a déjà été décrit dans le chapitre « initiateur ». Précisons simplement que les poulies supérieures et inférieures ne sont pas interchangeables et qu'il faut donc veiller au modèle commandé lors du remplacement. 3.2.12.4. Le descendeur à poignée Le descendeur dit "autobloquant" comporte une poulie inférieure en forme de came qui, soumise au poids du spéléologue, pivote et vient pincer la corde sur la poulie supérieure. Une poignée solidaire de la poulie inférieure permet de débloquer le descendeur pour entamer ou poursuivre la descente. Cette poignée doit être considérée uniquement comme une sécurité en cas de problème laissant le spéléologue inanimé sur la corde (chute de pierre par exemple). Ce n'est pas un moyen de freinage où l'on contrôlerait sa vitesse en dosant la pression exercée sur la poignée. Abuser d'une telle pratique abîme rapidement les cordes (ovalisation et "vitrification" de la gaine). Ce n'est pas un moyen d'immobilisation dispensant de réaliser la clé. Le blocage s'avère souvent insuffisant et surtout une fausse manoeuvre peut déclencher subitement le déblocage. Par exemple en plantant un spit ou en effectuant un pendule, le buste, la paroi peuvent appuyer sur la poignée. C'est un appareil qui nécessite un apprentissage spécifique différent de celui du descendeur simple. Bien manipulé il est très efficace: à l'équipement par exemple. Il permet une plus grande mobilité sur la corde : avec une poignée et une pédale on peut remonter facilement (pour modifier un équipement par exemple) sans changer d'appareil. Il facilite le passage du fractionnement à la descente car il permet de récupérer le mou de la corde et simplifie le retrait de la longe.
3.2.12.5. Le descendeur à barrettes Son intérêt est d'offrir un freinage modulable même en cours de descente en rajoutant des barrettes sur lesquelles frotte la corde. Cette possibilité prend tout son sens pour les très grandes verticales d'un seul jet où le poids de corde en aval du descendeur est tel au départ du puits qu'il interdit quasiment la descente avec un descendeur classique alors qu'en bas un freinage normal est nécessaire.
3.2.12.6. Le descendeur en huit Il n'est pas du tout adapté à la descente sur corde en spéléologie car son utilisation avec des cordes (simples) boueuses l'use très rapidement et remet rapidement en cause sa résistance, mais son usage se justifie tout à fait pour certaines activités spécifiques : rappel en traversée, assurance en escalade souterraine, ... (voir chapitres 3.14.3). 3.2.12.7. Les descendeurs « exotiques » Il existe de nombreux descendeurs utilisant des principes mécaniques différents, frottements multiples, cames , leviers, griffes... Actuellement aucun n'est vraiment performant pour un usage spéléo. 3.2.13. Les bloqueurs ventraux 3.2.13.1. Le Jumar Prédécesseur des actuels bloqueurs ventraux et de poignée, le Jumar est toujours commercialisé et se présente un peu comme une poignée. Il peut être monté comme un bloqueur ventral. Il existe deux modèles : droit et gauche. En bloqueur ventral, le point de suspension est haut, c'est un avantage pour les grands gabarits. Les bras sont moins sollicités mais l'amplitude des brassées est diminuée. La corde est décalée par rapport au corps. Elle coulisse bien. Le positionnement du jumar perpendiculaire au torse est un handicap dans les puits étroits. Il est réalisé en métal moulé fragile au choc . 3.2.13.2. Les bloqueurs de poitrine Croll de Petzl et Cam-Clean de Kong Ce sont les modèles les plus classiques de bloqueurs ventraux. Ils ont évolué par rapport aux premières versions. Les différents modèles incluent des butées de sécurité au dessus de la gâchette pour parer d'éventuels (et très déconseillés) chocs, une fente d'évacuation de la glaise, des trous plus grands adaptés aux dégagements. Le dernier modèle de Croll possède un ergot d'ouverture anatomique et une nouvelle came améliorant énormément le coulissement de la corde . Le Cam Clean coulisse très bien mais son ergot de gâchette est peu préhensile. Sa forme et sa conception sont mal adaptées aux cordes de diamètre inférieur à 9 mm. Utilisé avec un bloqueur de pied (pied droit) ou dans certains pendules la corde arrive à passer entre le corps de l'appareil et la gâchette. Elle se désolidarise de l'ensemble bloqueur ventral baudrier ( heureusement que l'on n'a pas oublié de relier sa grande longe à son bloqueur de poignée!) 3.2.14. Les bloqueurs de poignée 3.2.14.1. Les modèles classiques Poignée Petzl, Basic, Kong, Jumar ? Le Jumar a une forme de poignée peu préhensile, le blocage de la gâchette est peu efficace. Il est en métal moulé...fragile. La poignée Kong est une extension du modèle de base. La partie poignée se fixe au bloqueur par des vis et boulons. C'est complexe et lourd. Le basic et la poignée ascension Petzl modèle 98. Ces deux appareils ont une nouvelle gâchette qui coulisse très bien. La poignée possède deux trous qui permettent de différencier la fixation de la longe de celle de la pédale. La manipulation et le rangement du matériel sur le cuissard en sont simplifiés. Les adeptes de la légèreté opteront pour le basic , ceux de la meilleure préhension pour la poignée. 3.2.14.2. Le Shunt Au lieu d'être immobilisé par les picots d'une gâchette, c'est un axe qui vient comprimer la corde dans le cas du shunt. Il est prévu pour des cordes en double mais peut être utilisé avec une corde à simple comme en spéléologie. La mise en place et le retrait de la corde sont beaucoup moins commodes qu'avec un bloqueur classique mais le shunt est très efficace sur les cordes excessivement argileuses. Néanmoins cet appareil est peu pratique en technique de spéléologie alpine. 3.2.14.3. Le système Pompe Petzl Il s'agit d'un système d'auto-palan avec lequel l'effort à fournir à chaque impulsion est réduit d'un tiers: une cordelette inélastique reliée au trou supérieur du bloqueur ventral passe dans deux poulies, l'une fixée à la poignée, l'autre à la pédale proprement dite avant d'être attachée au bas de la poignée par un orifice spécifique.
Reste à intégrer un paramètre très subjectif, l'effet sur le moral du spéléologue. Certains vivront le recours à cet appareil comme une aide et un soulagement, d'autres seront au contraire démoralisés par l'impression de pédaler avec lenteur. Précaution technique : la cordelette de la pédale doit être très propre sinon les frottements réduisent énormément l'efficacité. 3.2.15. La pédale Il ne s'agit certainement pas d'un élément secondaire de l'équipement. Comme pour le cuissard, il faut évaluer son rendement et choisir le modèle en conséquence. Les cordelettes dynamiques que l'on voit trop souvent ont une élasticité de 6 à 8 %. Pour une longueur de pédale d'un mètre, cela donne 6 à 8 cm d'allongement à chaque foulée. Les cordelettes pré-étirées de diamètre 8 mm sont plus adaptées mais restent encombrantes et difficiles à ranger hors moments d'utilisation. Les pédales ont une fâcheuse tendance à s'accrocher partout, ce qui est source d'énervement et de fatigue supplémentaire. La cordelette kevlar avait déjà beaucoup d'atouts, mais le dyneema allie finesse, souplesse, résistance et quasi-totale inélasticité. Pour éviter une boucle de pied douloureuse parce que trop fine, on peut adjoindre à la cordelette une boucle en sangle. Pour la méthode de progression en alternative ( chapitre 3.4.1.2) il est important de solidariser la pédale avec la jambe au niveau de la cheville ou du genou. A la descente la pédale est accrochée à la ceinture ou dans la poche A la montée, on accroche le mousqueton de grande longe sur la poignée et la pédale à ce mousqueton par un micro-mousqueton. Pour les poignées 98, on accroche la pédale par le micro mousqueton au deuxième trou à côté de la longe. 3.2.16. Les bloqueurs de pied Tant pour les explorations longues et profondes que pour l'encadrement, le bloqueur de pied est aujourd'hui un élément intégré systématiquement à l'équipement individuel. Il permet d'augmenter la performance (rapidité, mobilité) et d'économiser l'énergie. Il existe des modèles commercialisés et des modèles bricolés. les modèles sont donc multiples mais on peut définir quelques caractéristiques. Le choix de la jambe, la position par rapport à la malléole, le type de gâchette, le sanglage et l'appui. 3.12.16.1. Le choix de la jambe Les bloqueurs n'ont pas tous actuellement la fiabilité d'emploi de la pédale. Certains spéléologues sont contraints de garder la pédale sur leur jambe préférentielle et de placer le bloqueur de pied sur la jambe la plus faible.
3.2.16.2. Position par rapport à la malléole Deux positions :
Inconvénients : il touche souvent le sol au niveau de la botte et gêne dans le placement de la botte sur une prise ou une adhérence. Il s'encrasse facilement. Le point d'application des forces étant décalé de l'axe du tibia,il faut compenser par un effort la torsion de la cheville.
3.2.16.3. Le type de gâchette Ejectable : la gâchette est seule, le loquet de gâchette est supprimé.
3.2.16.4. Le sanglage et l'appui Si on fait le choix de la légèreté en réduisant les parties métalliques, il faut étudier le sanglage pour éviter au maximum le jeu entre le pied et le corps du bloqueur. Attention aux serrages excessifs qui bloquent la circulation. 3.2.17. Le crochet goutte d'eau Il en existe plusieurs modèles, d'un encombrement variable et surtout avec plusieurs largeurs de crochet. Les lames étroites et pointues se faufilent mieux et dans de plus petites fissures mais ont davantage tendance à casser les aspérités où elles s'appuient.
C'est un accessoire indispensable pour l'équipement (pendules) comme pour l'escalade souterraine, et il doit se trouver dans la trousse d'équipement personnelle de tout moniteur. 3.2.18. Les accessoires personnels Une feuille de carnet topo et un petit crayon sont trés utiles pour communiquer un bilan de santé suite à un accident. 3.2.18.1. Le couteau Il s'avère indispensable, pour les repas sous terre bien sûr, mais aussi pour les bricolages de fortune et mini-réparations qui peuvent s'avérer nécessaires en cours d'exploration. Un petit canif muni d'une deuxième lame "tournevis" rend souvent de nombreux services. A moins de redouter une attaque massive d'Aphaenops, on évitera le modèle de survie avec lance-pierres, hamac chauffant et treuil électrique dans le manche. En encadrement, un couteau est quasiment obligatoire, toujours pour les réparations mais aussi pour des techniques de dégagement rapide ( chapitre 3.8.1.4). 3.2.18.2. Le tuyau souple de réhydratation Un petit tronçon de tuyau plastique souple (50 cm) est utile pour se réhydrater régulièrement et commodément dans les points d'eau qui le permettent (gours, ...). Il faut rester vigilant sur la possibilité de pollution de l'eau et ne boire l'eau souterraine que dans les karsts où les risques sont faibles (montagne sans station de ski). Ce tuyau permet aussi de remplir aisément le réservoir d'eau de la lampe à carbure dans des laisses peu profondes. Il évite de démonter le couvercle du boîtier de pile (ancien modèle). On l'utilise pour nettoyer le fond d'un trou de spit. 3.2.18.3. La gourde souple La physiologie sportive et la diététique doivent être considérées comme de la technique spéléologique, au même titre que l'équipement. Les explorations de plus en plus profondes et plus engagées ne peuvent faire l'économie de ces paramètres. La nécessité de boire régulièrement et suffisamment est aujourd'hui communément admise. Cependant, la pratique est fréquemment éloignée des principes théoriques. L'utilisation des gourdes classiques impose un transport dans le sac et il est courant de renoncer à boire parce que cela contraindrait à un déballage complet, ou parce qu'elle se trouve dans le kit d'un coéquipier. La gourde souple, portée en bandoulière dans un sac en toile résistante et munie d'un tuyau avec valve anti-retour, permet une hydratation régulière ne nécessitant pas d'arrêts. Elle est donc adaptée aux longs trajets souterrains et aux remontées de puits, chaque fois que les dimensions sont vastes. Elle se range dans le kit pour les passages étroits et présente un encombrement vraiment minimum quand elle est vide. Associée aux comprimés d'hydroclonasone, ou de "micropur" elle permet une totale autonomie en eau de chaque équipier dans de nombreux réseaux. Les bouteilles plastiques de boissons gazeuses à fond rond en P.U.T rendent les mêmes services car elles sont compressible une fois vidées. 3.2.19. Les appareils d'usage moins fréquent 3.2.19.1. les poulies Le moniteur n'aura à priori à utiliser une poulie que pour une assurance au poulie- bloqueur ou sur un balancier. Ces techniques doivent être connues de l'initiateur. Dans ces cas c'est la poulie classique à flasques fixes qui sera utilisée. La poulie rustique « la réa » bien que légère fonctionne assez mal. Elle a été préconisée mais on se rend rapidement compte que sa légèreté qui la désignait comme l'outil de réchappe idéal induit aussi un mauvais rendement mécanique la rendant peu efficace au bon moment.
Elles sont utiles pour franchir les grandes rivières papoues, ou simplement pour installer des ateliers de jeux dans le cadre d'une approche ludique des techniques de cordes. 3.2.19.2. Le grigri
3.2.19.3. Les plaquettes d'assurances
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