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Ecole Française de Spéléologie Manuel Technique - Moniteur |
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[ sommaire général ] |
[ chapitre 3.17. ] |
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3.16. LES TRAVERSEES |
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3.16.1. Les spécificités Une exploration en traversée présente de nombreuses différences avec une exploration classique qui vont modifier considérablement l'organisation de la sortie. 3.16.1.1. L'engagement Quand la première corde est rappelée, on ne peut plus rebrousser chemin. Il faut réaliser tout le parcours. Tout incident même mineur devra être résolu avec les moyens du bord, ou il ne trouvera sa solution qu'une fois la sortie atteinte. Des incidents qui n'ont aucune conséquence au cours d'une exploration classique peuvent prendre une tournure plus grave au cours des traversées. Par exemple :
3.16.1.2. la maîtrise de l'itinéraire Une erreur d'itinéraire au cours d'une classique n'a pour conséquence qu'une perte de temps et le fait de ne pas atteindre l'objectif prévu. Au cours d'une traversée il est primordial de se renseigner correctement sur l'itinéraire : topographie, renseignements complémentaires pour les passages délicats. Une erreur d'itinéraire peut conduire au blocage de l'équipe (puits borgne, labyrinthe). 3.16.1.3. L'évaluation des difficultés Evaluer le plus finement possible les difficultés en fonction de l'équipe et la durée de l'exploration vont induire l'estimation de la quantité de carbure et de nourriture nécessaires. Une sous estimation en exploration classique n'implique qu'un raté de l'objectif. On fait demi-tour quand on estime avoir le carbure pour sortir. Une sous estimation en traversée peut amener au blocage de l'équipe. Il faudra donc garder une marge importante sans pour cela se charger affreusement. 3.16.1.4. Les mauvaises manouvres Une mauvaise manouvre en exploration classique empêche d'avancer mais ne remet pas en cause le retour. Une mauvaise manouvre en traversée, (un coincement de corde aléatoire empêchant toute remontée sur celle-ci), complique sérieusement la suite de l'exploration, peut retarder ou bloquer l'équipe. 3.16.2. L'équipement 3.16.2.1. les mains courantes Si la progression est facile sur le trajet de la M.C, un équipement classique suffira. Le dernier déséquipe en se protégeant avec sa poignée ou son descendeur. Si la progression est complexe on installe une main courante rappelable.
3.16.2.2. Les têtes de puits Règles : on installe le rappel sur un amarrage irréprochable Une main courante rappelable ne peut pas être considérée comme le double amarrage de la tête de puits puisque le dernier la déséquipera avant de descendre. Il faut en plus anticiper sur le coulissement de la corde en vérifiant que le maillon sera bien positionné au moment du rappel. On fait un noud au bout de chaque corde de descente, et on n'oublie pas de le défaire au moment de rappeler. Naturel simple: l'amarrage naturel n'abîmera pas la corde et il lui permettra de coulisser.
3.16.3. Les différentes techniques de rappel
3.16.3.2. A simple par coincement de noud Pour la progression, comme il n'est pas fréquent que tous les membres d'une équipe aient chacun un descendeur double, il est possible de bloquer la corde au niveau du maillon ou mousqueton de rappel pour que les équipiers descendent avec un descendeur simple.
Cette technique présente un autre avantage : elle permet de n'avoir qu'une seule corde faisant la longueur du plus grand puits. On obtient l'autre longueur en raboutant des cordes plus petites qui seront plus pratiques dans les petits puits. 3.16.3.3. Rappel par cordelette La technique est très proche de celle décrite précédemment, la différence majeure est qu'il faut utiliser pour la descente une corde dont la longueur est au moins égale à la hauteur de la plus grande verticale, et une cordelette de la même longueur.
Attention cette technique a des limites. En effet si la longueur descendue est importante (plus de cinquante mètres) le poids de la corde est tel qu'on peut avoir des difficultés à démarrer le coulissement de la corde avec la cordelette. Celle-ci étant très élastique, elle ne transmet pas suffisamment de force au niveau du noud. Dans le cas des grands puits, où pourtant cette technique permettrait d'économiser du poids et du temps, il est préférable, au moins pour le dernier, de fractionner la descente en plusieurs longueurs et manouvres. Mais cela implique qu'il y ait des relais. Il ne faut en aucun cas, avant de rappeler la corde, oublier de défaire le noud qui est en bout de corde de descente. La cordelette utilisée doit être suffisamment résistante pour ne pas céder à une traction trop forte lors du rappel. De même, il faut être vigilant si une déviation est nécessaire pour que les rotations dans une partie plein vide ne provoquent pas des vrilles qui coincent corde et cordelette sur la déviation. 3.16.3.4. Les décrocheurs Il a été vendu plusieurs systèmes permettant de récupérer la corde sans la faire coulisser. Le décrocheur Pierre Alain, et les mousquetons décrocheurs TSA. Ces objets ne sont plus en vente mais sont souvent encore présents dans le matériel des clubs. Ils permettent aux équipes légères de gagner du temps mais leur utilisation nécessite une bonne pratique avant de se lancer sous terre. Ces systèmes permettent un gain de temps important dans l'équipement de cavités en aller retour avec la technique cordelette. Pour les traversées ils ne sont pas pratiques car il faut installer une cordelette en double pour éviter qu'ils ne chutent dans le puits.
3.16.4.2. La cordelette Attention dans le choix de la cordelette : les cordelettes non gainées, type fil d'Ariane de plongée sont peu onéreuses mais leur élasticité, et leur fragilité, peut créer des problèmes. Les cordelettes gainées de 4 ou 5 mm bien que plus chères sont plus résistantes et plus fiables. Elles permettent d'agir sur de plus grandes longueurs
3.16.4.4. Le matériel de secours Il est évident qu'il faut emporter au moins un équipement pour remonter sur corde, en plus du matériel classique : survie, trousse de premiers secours , réchaud, etc. |
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