Ecole Française de Spéléologie

Manuel Technique - Moniteur

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3.12. LA GESTION DE LA TOPOGRAPHIE

Le moniteur n'est pas forcément le spécialiste de la topographie de son club ou de son équipe, mais de par ses connaissances, il a quand même un rôle moteur dans plusieurs domaines :

  • Il doit faire prendre conscience que la topographie est indissociable de la première et qu'il ne sert à rien (à part se défouler égoïstement) de courir en première si la topographie ne suit pas...
  • Il joue souvent un rôle d'organisateur et de coordonnateur de l'activité au sein d'une équipe, pour répartir les tâches et gérer la cohérence des relevés des divers topographes et pour centraliser des données, qu'elles soient sur support papier ou informatique, et ce en vue de publier l'information.

A ce titre, il se doit de motiver son équipe ou son club à assurer la publication des travaux réalisés.

  • C'est à lui qu'il revient de former les nouveaux topographes de son club, rôle souvent négligé ou déchargé sur un stage spécialisé qui draine somme toute peu de candidats. En formant au contraire ses coéquipiers en situation, la motivation des débutants est bien plus forte et le résultat par conséquent bien meilleur...

3.12.1. Organisation de la topographie

Le moniteur doit s'assurer du bon état et du bon étalonnage du matériel de relevé. Il doit être vigilant à la qualité de la prise de notes et des croquis. Il ne doit pas oublier de matérialiser les points topographiques caractéristiques sous terre (peinture, plaquettes métalliques...). C'est lui qui est le plus à même de les déterminer, de par sa connaissance du milieu souterrain.

Lors du report, et quel que soit le mode choisi, graphique, trigonométrique ou informatique, il doit être vigilant sur la qualité de la synthèse réalisée. On ne s'improvise pas dessinateur industriel, mais avec un minimum de rigueur et de soin, n'importe quel spéléologue doit pouvoir réaliser une topographie publiable.

3.12.2. Topographie et première

Ce sont deux choses totalement indissociables. En effet la topographie réalisée pendant la première évite d'abord la corvée de sorties uniquement topographiques, et de plus, cela permet lorsqu'une équipe ressort, d'orienter et de coordonner les explorations des équipes suivantes, et conduit enfin à une observation fine de la cavité facilitant le repérage de prolongements éventuels et la compréhension de sa genèse.

La réalisation de la topographie pendant la première à l'aller a peut-être un côté frustrant, mais elle permet de noter immédiatement tous les départs et permet une exploration systématique de toutes les galeries.

L'exploration et la topographie peuvent être menées suivant la situation et la forme de la cavité par une, deux, trois ou quatre personnes. Soit on se discipline pour ne parcourir en première que ce que l'on pourra topographier au retour, ce qui implique de connaître déjà son rythme en topographie, soit on s'organise en deux groupes, un qui fouille et équipe devant pendant que l'autre réalise le levé topographique.

3.12.3. Publication et archivage

La réalisation d'une topographie n'a de raison d'être que si elle est destinée à une publication, et pas seulement interne au groupe qui l'a faite. Une topographie qui reste dans un tiroir du local du club est une topographie qui n'existe pas.

Ne pas publier prive les autres de connaissances spéléologiques et karstologiques qui favoriseraient de nouvelles découvertes, et ses auteurs d'un regard extérieur qui s'avère lui aussi souvent très fructueux.

Elle les expose de plus à voir leur découverte revendiquée par une autre équipe qui aura publié sa propre topographie avant eux....

Les publications peuvent se faire dans les revues spécialisées, Spelunca par exemple.

Le moniteur veillera aussi à la conservation et à l'archivage des données (tableaux de chiffres, notes et reports). Un stockage informatique des valeurs numériques est moins encombrant, mais il est indispensable de conserver l'original des relevés souterrains.

Ces stockages permettront, lors de la réalisation d'une synthèse, d'un réseau ou d'un massif, de transmettre au responsable de cette synthèse les données chiffrées exploitables, quel que soit l'outil de synthèse employé.

3.12.4. Le GPS

Le GPS est essentiellement un instrument de navigation, en mer ou dans le désert, lieux où une précision millimétrique n'est pas indispensable.

C'est un outil qui permet de se repérer sur la surface de la terre en utilisant la position de satellites. Il a besoin d'un espace dégagé au-dessus de lui pour recevoir les signaux d'au moins trois satellites, ce qui implique des dysfonctionnements dans des vallons encaissés ou sous un couvert végétal dense...

La précision du repérage est, dans les cas les plus favorables, de l'ordre d'une vingtaine de mètres. Cet outil ne représente pas la panacée pour les spéléologues à la recherche d'une cavité, il permet de définir la zone dans laquelle s'ouvre la cavité recherchée. Il ne permettra pas de pointer précisément une cavité.

Cet appareil est plutôt un outil de recherche que de pointage.

3.12.5. Le matériel topographique

II n'est pas question de présenter ici toutes les différentes techniques de relevé, mais plutôt de passer en revue les différents types de matériel couramment utilisés sous terre.

Mesures de longueur : deux écoles s'affrontent, le topofil et le décamètre. Dans les cavités étroites et boueuses, le premier semble plus performant, mais comme dans toute querelle de chapelles, le choix est une affaire personnelle. Aujourd'hui, on trouve sur le marché des topomètres "électroniques" dérivés de ceux utilisés par les géomètres, qui ont une précision bien supérieure aux instruments traditionnels. C'est sans doute l'avenir...

Mesures de direction : pour ce type de mesures qui s'effectuent par rapport au Nord magnétique, il est indispensable d'utiliser une boussole ou un compas. Ce dernier est sans doute le plus adapté, la rotation du disque étant amortie par le bain d'huile dans lequel elle s'effectue.

Mesures de pente : elles peuvent se faire par rapport à la verticale ou l'horizontale, selon le type de clinomètre choisi. Cela peut être un rapporteur avec un niveau à bulle, ou un équipement du commerce. Dans tous les cas, la prise d'information sur l'appareil devra être particulièrement soignée...

Il existe des appareils combinant les instruments nécessaires pour les trois mesures, utilisant un topofil pour les distances : ces appareils sont intéressants dans les réseaux étroits, car les mesures se font sur le fil, et ne nécessitent pas de voir la lampe d'un équipier...

Quel que soit le matériel choisi, il est indispensable de l'étalonner avant toute utilisation, même (et surtout) s'il est neuf... et d'être extrêmement rigoureux lors des relevés sous terre...

 

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